Le DHS a donné l’ordre aux entreprises de révoquer tous les Haïtiens bénéficiant du TPS

Ça y est, c’est officiel : la Cour suprême des États-Unis a tranché fin juin en faveur du Département de la Sécurité intérieure (DHS), qui peut désormais mettre fin au Statut de Protection Temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens et aux Syriens. La décision, rendue le 25 juin dans l’affaire Mullin v. Doe (jointe à Trump v. Miot), lève les injonctions qui empêchaient jusqu’ici l’administration d’aller au bout de sa démarche. Autant dire que pour des centaines de milliers de personnes, le sol vient de se dérober un peu plus sous les pieds. 

Concrètement, qu’est-ce que ça change pour les gens qui travaillent grâce à ce statut ? Le DHS a bien accordé un petit sursis, mais il est court : les Haïtiens gardent leur autorisation de travail jusqu’au 24 juillet, et pour les ressortissants du Myanmar, d’Éthiopie, de Somalie, du Soudan du Sud, de Syrie et du Yémen, le couperet tombe dès le 17 juillet. On parle donc de quelques semaines, pas de mois. 

Du côté des employeurs, l’urgence est tout aussi réelle. L’USCIS a publié le 10 juillet de nouvelles consignes sur E-Verify et les formulaires I-9, ce qui oblige concrètement les entreprises à vérifier, poste par poste, qui a encore le droit de travailler et qui non. Plusieurs cabinets spécialisés en droit de l’immigration le disent sans détour à leurs clients : mieux vaut s’y prendre maintenant, parce qu’une fois l’autorisation expirée, garder quelqu’un en poste peut coûter cher en cas de contrôle. 

Sur le terrain, dans les communautés haïtiennes de New York et d’ailleurs, l’inquiétude est palpable. Des médias communautaires comme Tele Image, animée par Valerio Saint-Louis, en parlent depuis plusieurs jours, entre les craintes liées aux opérations de l’ICE et la perspective, pour certains, d’un retour forcé vers un pays toujours marqué par une grave crise sécuritaire. Difficile, dans ce contexte, de dissocier l’aspect purement administratif du dossier de l’angoisse bien réelle qu’il génère chez les familles concernées. 

Pour l’instant, personne ne sait vraiment ce qui va se passer après le 24 juillet. Des organisations comme l’American Immigration Council rappellent que le flou persiste, aussi bien pour les bénéficiaires du TPS que pour les employeurs, qui vont devoir suivre de très près les prochaines annonces du DHS. 

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