De l’autre côté de la balance, les plaignants font face à des préjudices importants et bien documentés. Comme l’a expliqué en détail le tribunal de district, la fin du TPS aurait des conséquences « dévastatrices » pour les plaignants, notamment le risque de détention et de déportation, la séparation des membres de leur famille et la perte de leur autorisation de travail.
De plus, les plaignants renvoyés en Haïti seraient vulnérables à la violence dans un contexte « d’effondrement de l’état de droit » et n’auraient pas accès aux soins médicaux essentiels à la survie.
Certes, la Cour suprême a expliqué que « le fardeau de l’éloignement à lui seul ne peut constituer le préjudice irréparable requis » pour un non-citoyen. Cependant, cette observation a été faite lors de l’examen direct d’un ordre d’expulsion, en notant que ceux qui obtiennent gain de cause dans ce contexte « peuvent bénéficier d’un recours effectif en facilitant leur retour ».
Dans cette affaire, au contraire, le gouvernement a refusé d’indiquer qu’il fournirait un recours similaire si les plaignants obtenaient finalement gain de cause dans ce litige.
Sur la base du dossier actuel, l’équilibre des intérêts penche clairement en faveur des plaignants, ce qui constitue une deuxième raison pour laquelle une suspension en attendant l’appel n’est pas justifiée.