Jean Ralph Gracia, Directeur de contrôle de l’Administration Générale des Douanes, a récemment illustré la complexité du système fiscal haïtien avec un exemple frappant. Un propriétaire ayant acheté une Suzuki Grand Vitara pour 7 000 dollars américains s’attendait à payer environ 350 000 gourdes de droits de douane. Mais la réalité des calculs montre un montant proche de 950 000 gourdes.
Cette différence s’explique par l’accumulation des taxes douanières, des droits d’accise (15%), de la TCA (Taxe sur le chiffre d’affaires) à 10%, ainsi que des frais de vérification, de la taxe touristique, de la taxe environnementale et de l’immatriculation obligatoire. En tout, la somme des prélèvements atteint 104,82% de la valeur du véhicule.
Pour de nombreux acheteurs, ce mécanisme devient un obstacle majeur à l’importation de véhicules. Les experts estiment que ces charges influencent directement le marché de l’automobile, l’assurance auto et le financement bancaire. Par effet domino, elles impactent la rentabilité des investissements et la consommation des ménages.
Les autorités, de leur côté, affirment que cette fiscalité renforce la sécurité douanière, lutte contre la fraude et contribue au financement des services publics. Mais les particuliers et entrepreneurs continuent de dénoncer une pression jugée excessive, freinant la modernisation du parc automobile en Haïti.