Le pasteur Gregory a récemment exprimé des doutes sur l’existence historique de la célèbre cérémonie du Bwa Kayiman, souvent considérée comme l’un des événements déclencheurs de la révolution haïtienne de 1791. Selon lui, cette cérémonie aurait été inventée dans le but de mettre en avant le rôle du vaudou comme moteur principal du soulèvement des esclaves, au détriment de l’influence de l’Évangile et de la foi chrétienne dans cette lutte pour la liberté.
Dans ses déclarations, le pasteur souligne que le premier récit connu du Bwa Kayiman aurait été publié en 1814 par un Français du nom d’Antoine Dalmas, un colon de l’époque, qu’il décrit comme animé par une vision raciste et dévalorisante des Haïtiens. Selon lui, cette version des faits visait à présenter les esclaves révoltés comme des individus de « basse classe » livrés à des pratiques jugées obscures, plutôt que comme des hommes et des femmes guidés par des principes de justice et de foi.
Cette prise de position soulève des débats dans les milieux intellectuels, religieux et historiques. Tandis que certains chercheurs continuent de défendre l’authenticité de la cérémonie du Bwa Kayiman comme fait historique et symbolique, d’autres appellent à une relecture critique des sources coloniales. Le discours du pasteur Gregory s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la manière dont l’histoire d’Haïti a été écrite, transmise et parfois instrumentalisée.